lundi, 24 avril 2006

Tout le monde en parle

Enfin le débat est lancé, tant attendu par certains blogueurs et craint même par d’autres, il s’agit de « La Presse Electronique » en Tunisie et dans le monde arabe en général.

Entre table ronde au Ministère de la Communication de la relation avec la chambre des députés et la chambre des conseillers, l’article de Taieb Zahar sur « Réalités », ou encore le mini dossier sur « Al Jazeera » Vendredi dernier, les autres médias aussi bien que les pouvoirs publics se penchent sur cette question plus d’actualité que jamais malgré son ampleur assez réduite sous nos cieux régionaux. Hassanine Haykel doyen de la presse arabe a même déclaré dans l’une de ses récentes interventions que certains blogueurs égyptiens ont posté des articles que des journaux aussi prestigieux que « Al Ahram » avec leur armada de pros ne sauraient égaler la pertinence.

La presse électronique faut il la réglementer ? En tant que presse, faudrait-il pas que le code de la Presse s’y applique ? Mais là ses rédacteurs seraient en droit de bénéficier de cartes de presse professionnelles et autres avantages de journalistes. Faut il instaurer des limitations sachant qu’un hébergement cyberbétique ailleurs leur otera toute leur signification ? Un cahier des charges comme proposé par Taieb Zahar ? La presse électronique constitue t-elle désormais une concurrence par rapport aux médias classiques ? Autant de questions qu’on se pose ici et là du coté des officiels et des officieux.

Une commission a été créée au ministère sus indiqué et qui va se pencher sur la question en vue de rédiger un document qui sera soumis au gouvernement, on parle même d’un service au sein de ce ministère qui sera une sorte de sous-tutelle à ce secteur.

La presse électronique ne saurait se substituer à aucun autre média, elle demeurera un espace de dialogue pour certains, d’errance pour d’autres et un simple journal intime pour d’autres encore. La spécificité des blogs et de certains e-magazines c’est leurs objectifs non lucratifs à l’instar des associations dont on vient de fêter la journée et contrairement aux sites de la presse écrite. Les craintes du reste justifiées sont analogues à celles formulées pour les médias classiques, entre non incitation à la haine et préservation de la paix sociale, d’aucuns n’y verraient d’inconvénients, bien que même une presse électronique bon enfant déplairait à certains opposés à la modernité et ignorants de la vanité de toute restriction et autre coercition. L’exemple de la presse électronique terroriste démontrerait que même la NSA, Scotland Yard et autres James Bond n’y pourraient rien face à ce chassé croisé quotidien. Un jeune devenu blogueur exprimant ses point de vue sur des sujets divers encadré par les commentaires de ses homologues trouverait sur internet une alternative beaucoup plus que le Salles de Jeux, Chichas, ou tchats de dragues. Une chose est certaine, cet intérêt ne peut qu’être un couronnement voire une reconnaissance envers les acteurs de cette presse électronique.

A Bon Entendeur Bravo



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